
Un propriétaire qui met en location un meublé de tourisme en zone tendue depuis fin 2024 doit désormais présenter un DPE classé E au minimum. Cette contrainte, créée par la loi Le Meur du 19 novembre 2024, s’ajoute au calendrier déjà serré de la loi Climat et Résilience. Les deux régimes s’empilent, et sur le terrain, les conséquences pour les investisseurs en location courte durée sont immédiates.
DPE opposable en 2024 : le risque contentieux qui change la donne pour les vendeurs
Depuis juillet 2021, le DPE est opposable. En pratique, les premiers retours de terrain montrent que les conséquences financières se précisent année après année. En cas d’erreur de diagnostic, les vendeurs peuvent être condamnés à indemniser jusqu’à 7,5 % du prix de vente, avec une tendance jurisprudentielle vers le remboursement partiel.
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On observe que beaucoup de vendeurs sous-estiment encore ce risque. Un DPE réalisé à la va-vite, avec un diagnostiqueur peu rigoureux, peut déclencher un litige plusieurs mois après la signature. Les acquéreurs, mieux informés, n’hésitent plus à contester la classe énergétique annoncée quand les factures réelles ne correspondent pas.
Pour ceux qui suivent l’actualité immobilière sur Immo Galaxy, cette montée du contentieux autour du DPE fait partie des sujets les plus commentés par les professionnels du secteur. Le diagnostic énergétique n’est plus un document administratif secondaire : c’est devenu un élément de négociation central dans toute transaction.
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Loi Le Meur et meublés touristiques : ce qui a changé concrètement en zone tendue
La loi Le Meur du 19 novembre 2024 a introduit un régime distinct pour les meublés de tourisme de type Airbnb en zones tendues. Toute nouvelle mise en location doit afficher au minimum un DPE classé E. Le seuil sera relevé à D à partir de 2034.

Ce point est souvent mal compris : cette obligation ne remplace pas le calendrier général de la loi Climat et Résilience (interdiction de louer les G dès 2025, les F en 2028, les E en 2034). Les deux dispositifs s’empilent, ce qui crée une double contrainte pour les investisseurs positionnés sur la location courte durée.
En pratique, un propriétaire qui possède un logement classé F en zone tendue se retrouve pris en étau. La location longue durée sera interdite en 2028 sans travaux, et la location touristique est déjà restreinte. Pour un investisseur qui comptait basculer d’un régime à l’autre selon la rentabilité, cette stratégie ne fonctionne plus.
Les postes à vérifier avant de mettre en location courte durée
- La classe DPE actuelle du bien, avec un diagnostic récent et fiable (les retours varient sur la fiabilité selon les diagnostiqueurs, d’où l’utilité de faire réaliser un second avis en cas de doute)
- Le zonage de la commune : vérifier si elle est classée en zone tendue, car les obligations diffèrent radicalement entre zones tendues et détendues
- Le coût estimé des travaux de rénovation énergétique pour atteindre la classe E ou D, en tenant compte des aides disponibles (MaPrimeRénov’ notamment)
Marché immobilier 2024 : correction des prix et crédit plus sélectif
L’année 2024 a confirmé une tendance à la baisse des prix dans de nombreuses régions françaises. Selon les données disponibles auprès des notaires et de l’INSEE, les prix ont reculé d’environ 5 % en moyenne par rapport à l’année précédente. Cette correction n’a pas été uniforme : certaines métropoles ont mieux résisté que d’autres, et les zones rurales attractives ont parfois maintenu leurs niveaux.
Côté crédit, les taux d’intérêt élevés ont continué de peser sur la capacité d’emprunt des ménages. Le volume des transactions a nettement baissé, avec environ 950 000 ventes enregistrées en 2023, soit une chute de 15 % par rapport à l’année précédente. La tendance s’est prolongée en 2024, même si on note un léger desserrement des conditions d’octroi en fin d’année.
Ce que cette correction change pour les acheteurs
Pour les primo-accédants, la baisse des prix ne compense pas toujours la hausse du coût du crédit. Le pouvoir d’achat immobilier reste inférieur à celui de 2021-2022 dans la plupart des grandes agglomérations. On constate que les négociations sont plus longues et que les vendeurs acceptent davantage de baisses de prix qu’il y a deux ans.
Les investisseurs, eux, scrutent les biens à rénover pour capter la décote liée aux mauvaises performances énergétiques. Un logement classé F ou G se négocie avec une marge significative, mais le calcul ne tient que si le coût des travaux reste maîtrisé.

Passoires thermiques et calendrier réglementaire : les échéances à retenir
Le calendrier de la loi Climat et Résilience structure désormais toutes les décisions d’investissement locatif en France. L’interdiction de louer les logements classés G est entrée en vigueur en 2025. Les logements classés F suivront en 2028, puis les E en 2034.
- Logements G interdits à la location depuis janvier 2025 : les propriétaires qui n’ont pas rénové doivent retirer le bien du marché locatif ou engager des travaux
- Logements F : échéance 2028, ce qui laisse un délai serré pour les copropriétés où les décisions de travaux sont lentes
- Logements E : échéance 2034, avec un effet anticipé sur les prix dès maintenant (les acquéreurs intègrent déjà le coût de mise aux normes dans leurs offres)
Sur le terrain, la rénovation énergétique des copropriétés reste le principal point de blocage. Un propriétaire isolé peut engager des travaux rapidement, mais en copropriété, obtenir un vote favorable en assemblée générale prend souvent plus d’un an. Pour les biens classés F, le compte à rebours vers 2028 est déjà tendu.
Le marché immobilier en 2024 aura donc été marqué par cette convergence entre contraintes énergétiques, durcissement du crédit et correction des prix. Les investisseurs qui anticipent les échéances réglementaires gardent une longueur d’avance, à condition de chiffrer précisément le coût de mise en conformité avant d’acheter.